un sujet parmi d’objets

C’est difficile d’être un sujet dans un monde empli d’objets. Dans mon travail de
sculpteur et artiste plasticien, j’approfondis cette relation avec l’environnement
physique. Je laisse les objets rentrer sous ma peau, je grandis, et je deviens plus
fort. En transformant les choses, en donnant une forme aux matériaux, je me
prépare une place sur terre où en tant que sujet, je peux m’abriter et me sentir bien.
Par la voie de mon corps, j’ai une place dès le début. Puis, j’ajoute des objets à ce
corps: des vêtements, de la nourriture, un téléphone et un compte bancaire. Nous
avons besoin d’objets et nous les désirons, nous sommes retenus par eux et nous
les détestons. Dans ma pratique artistique je dévoile ces relations, et je conçois
d’autres approches.


Grace à la pyisicalité de mon corps j’ai la possibilité de communiquer avec d’autres
objets. Lorsque je taille, je fais le modelage, j’assemble ou je démonte dans mon
atelier, ma volonté est soumise à la communication physique entre mains et
matériaux. Quand je recule, la volonté ressurgit, mais au moment où je reprends,
elle est de nouveau emprisonné par les capacités et les incapacités de mon corps.
Ce mouvement pendulaire, entre la pensée et l’action, est un dialogue.


Mes sculptures agissent comme pare -chocs contre les autres objets du monde.
Elles constituent ma frontière extrême, Elles servent de médiateurs et veillent sur
moi. Mes créations sont le produit d’une négociation entre le corps, la volonté et le
matériau. Quand ce travail est terminé, et que je ne suis plus présent, les sculptures
continuent à porter mes intentions. Ce sont mes antennes, à la fois émettrices et
réceptrices.